Just a Need

Ecrire sinon j’ai l’Âme qui implose

Archive for juillet, 2007

juil
19

L'ombre du vent

Posted by Nolwenn

Je ne sais pas comment vous faites pour connaître de nouveaux livres.
Pour moi, c’est le bouche à oreille, les flâneries dans une librairie (je m’attarde sur les titres et les couvertures, retourne le livre pour lire un éventuel résumé, ouvre une page au hasard pour en lire quelques phrases… et achète ou non).

Pour “L’ombre du vent”, ce sont des amies qui l’ont lu, se sont plongé dedans, en ont dit du bien sans pour autant dévoiler quoi que ce soit.
Le titre me donnait envie.

Je savais juste que l’action se situait dans le quartier gothique de Barcelone en Espagne, et qu’il était question d’une librairie.
Ni plus, ni moins. C’est assez succinct, c’est vrai.

Lorsque ma petite famille et moi sommes récemment remonté dans l’Ouest, je venais de terminer un merveilleux livre “L’éducation d’une fée” qui me laissait emplie de poésie.
Mais voilà, je n’avais rien prévu d’autres pour les 5 à 7 longues heures de route (multipliée par deux car il y a le retour).
J’ai donc sauté sur l’occasion pour acheter enfin L’ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafón.

Petite BIOGRAPHIE de l’écrivain:

Carlos Ruiz Zafón
est né en 1964 à Barcelone. On comprend donc mieux comment il connaît la ville dans ses moindres recoins.
Depuis 1994, il écrit des scenari de films et vit à Los Angeles.

Il a écrit son premier roman à l’âge de 14 ans.
L’ombre du vent est son second ouvrage et fut publié en 2004. Il a reçu de nombreux prix, dans divers pays.

LOmbreDuVent On est tout de suite pris dans l’Ombre du vent, c’est presque indescriptible.
C’est un de ces livres qui vous marque à jamais, dont les mots restent gravés en vous.

Nous sommes plongés dans la Barcelone prise par la guerre.
L’histoire a lieu entre 1933 et 1955, mais va parfois avant et se termine après.
Daniel Sempere, le narrateur, a perdu sa maman et vit avec son père, libraire.
Un jour au cours de sa 10ème année, son père l’emmène dans un endroit gardé secrètement. C’est ainsi une tradition qui est perpétuée. Cet endroit s’appelle le Cimetière des Livres Oubliés; il doit y adopter un livre, parmi des centaines de miliers d’ouvrages, arpentant le labyrinthe qu’est ce cimetière particulier. Il va y découvrir par hasard LE livre de sa vie. Ce livre qui va le bouleverser complètement et dans lequel il va totalement se perdre, corps et âme.

Je n’ai pas envie de vous en dire plus, car ce serait un sacrilège.

L’écriture est fluide, la narration descriptive nous plonge vraiment dans cet univers que devait être la Barcelone en pleine guerre civile, je n’ai jamais été dans cette ville mais j’ai pourtant maintenant l’impression de la connaître.
Les personnages sont réalistes, on s’y attache indéniablement. On souffre, on aime, on cherche et on découvre avec eux, à travers eux…
L’intrigue est selon moi remarquable, et bien menée jusqu’au bout.
Le livre est découpé chronologiquement.

Si vous aimez les livres, je vous le recommande plus que vivement. Et peut-être qu’ainsi, comme moi et de nombreux autres lecteurs, vous serez conquis…

Voici quelques extraits choisis, qui ne dévoileront rien de l’histoire, je pourrais en mettre beaucoup comme ça, mais je sélectionne:

Les mots avec lesquels on empoisonne le coeur d’un enfant, par petitesse ou ignorance, restent enkystés dans sa mémoire et, tôt ou tard, lui brûlent l’âme.
Le fou a-t-il conscience d’être fou ? Ou les fous sont-ils les autres, ceux qui s’acharnent à le convaincre de son égarement pour sauvegarder leur propre existence chimérique ?
“[...] l’auteur s’écrit à lui-même pour se dire des choses qu’il ne pourrait comprendre autrement

PS: c’est un livre de la collection Le Poche, donc à un prix abordable, dans un format facile de lecture.

juil
16

Stuck

Posted by Nolwenn

Morte ou vivante ?
Endormie, éveillée, quelque part entre les deux ?

J’ouvre les yeux dans notre chambre à coucher. Je me suis déjà réveillée plus tôt, mais suis retournée au lit, exténuée, il s’occupe de tout.
Je rêve que je vis quelque part en Amérique du nord. Ma maman est avec moi dans ce qui semble être mon appartement, les rayons du soleil réchauffent les images qui fusent dans ma tête. Nous discutons de je ne sais plus quoi, elle a un mug de café dans la main, nous sommes bien, heureuses d’être ensemble là.

Mes yeux sortent de ce doux sommeil.
A nouveau le soleil… pour de vrai cette fois ! Il filtre nos rideaux rouges et illumine la pièce de sa douche clarté matinale. Je vois la bibliothèque devant moi malgré la couette qui m’emmitoufle douillettement jusqu’au nez.
Je les entends qui jouent dans le salon, au loin. Je les aime tellement…

Je veux me lever pour les rejoindre. Les serrer fort dans mes bras et les couvrir de bisous. Pourquoi ne sens-je pas mes jambes ? Je sais que j’essaie de les remuer, mais rien n’y fait, je reste totalement paralysée.
Je balaie tout ce que je peux du regard, je suis bien consciente. Mes bras restent sous la couette, mes jambes pliées comme lorsque je me suis rendormie.
Je suis coincée à l’intérieur de moi-même… mais comment une telle chose peut-elle être possible ?
J’ouvre la bouche pour appeler Chéri. Je crie, je hurle, mais mes cordes vocales ne vibrent pas : aucun son ne sort de ma bouche. Je panique, je ne sais pas combien de temps je vais rester ainsi, et si cela durait des heures ?
Je me sens partir, j’ai des hallucinations visuelles. Je vois des membres de ma famille, ils sont en transparence, en ligne le long de mon lit, les bras croisés sur leurs poitrines, me regardant d’une air inquisiteur comme si j’avais fait quelque chose d’impardonnable. Qu’ai-je donc fait ?!

Je réessaie d’hurler, cette fois les sons sont audibles. « Chériiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » Pas de réponse. « Chériiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » Toujours rien. Là, je panique vraiment. Ce n’est qu’au cinquième appel qu’il m’entend enfin et vient. « Oui, tu m’as appelé ? » « Je n’arrive pas à bouger ! » ma voix tremble, il jette la couette pour me découvrir et masse mes jambes. Ca revient petit à petit, très doucement.
Les mots se bousculent, je sanglote fortement dans ses bras, je bafouille.

Maelynn me couvre de ses doux bisous sur le visage.

Je suis vivante.

C’était dimanche dernier, 15 Juillet 2007.